
Il faut bien l’avouer, en cette soirée labellisée reggae, l’objectivité des chroniqueurs prend un coup: les amateurs de Bob Marley se cachant ailleurs dans le Festival, la tentation est grande de rentrer dormir à la maison en prévision des soirées à venir. Au détour d’un hasard (que certains auraient volontiers qualifié de malheureux) qui conduisit droit devant la Grande Scène sur le coup des 19h, le mélomane laissa parler sa curiosité pour ne pas crucifier tout un mouvement musical sur un simple a priori.
Donc, deux ans après leur passage au Chapiteau, les français de Dub Incorporation reviennent au Paléo pour lancer la soirée de ce jeudi sur la Grande Scène et distribuer généreusement leur dub (sorte de reggae aggrémenté par des samples et autres machines) à tout va. Les huit musiciens n’hésitent pas à scander à la vitesse de la lumière leurs textes engagés, avec un tapis de basses à défriser les dreads de toute la plaine. Deux voix s’alternent, l’une rocailleuse comme le désert, l’autre claire et aigüe, tel un muezzin, appelant à considérer les problèmes de l’Afrique avec enthousiasme. Car force est de constater que l’on finit par s’agiter, se trémousser, et peut-être même sauter en rythme avec la foule, les bras levés.
Une chose est certaine, les clichés ont la vie dure. Inévitablement, dans ce genre de concert, on finit par se retrouver devant un long chevelu à la propreté douteuse transpirant le chanvre… mais ceci n’est que le début de la soirée…