
La semaine dernière, alors que la grisaille se trouvait bien installée en Suisse, alors que les supporters klaxonnaient dans les rues, alors que les salles de concerts fermaient, deux collaborateurs de ce blog sont allés chercher soleil, tranquillité et musique à l’étranger.Alors que le premier choisit comme cible Barcelone, le second partit direction Nîmes. Mais quelle mouche les a piqués? Pourquoi un tel périple identique à quelques jours d’intervalle?Un nom que l’on ne verra affiché nulle part cette année en sol helvétique: RADIOHEAD. Ce groupe qui, il y a quinze ans, pondait une chanson larmoyante qui allait les propulser sur les plus hauts-sommets. La suite de l’histoire, on la connaît: en ultra-résumé, un disque devenu une référence en 1997 (Ok Computer), deux albums-jumeaux (Kid A et Amnesiac) qui constituent un des plus grands risques commerciaux depuis le Spirit of Eden de Talk Talk, et, bien sûr, la mise en vente de leur nouveau-né In Rainbows à un prix de téléchargement libre.
Du côté de Nîmes, le 14 juin, il n’est pas encore midi que que les premières personnes sont déjà assises face aux Arènes. En attendant l’ouverture des portes, elles s’occupent en faisant la planche, en discutant, en jouant aux cartes ou en répondant aux questions des journalistes présents. A 18h30, les portes s’ouvrent et les premiers fans s’engouffrent au pas de course dans le bâtiment romain. Encore quelques heures à patienter. Pour tuer le temps, les fans organisent des olas dans les gradins.
En première partie, Bat for Lashes, groupe multicoloré aux accents de Cocorosie et Björk. Les cinq membres de Brighton multiplient les instruments, jonglent de la harpe aux claviers, de la guitare à la flûte ou du violon à la scie musicale. De quoi rester abasourdi face à tant de talent.
Le concert fini, les roadies du quintet d’Oxford s’activent pour mettre tout le matériel en place. Inutile d’en faire la liste, cela serait trop long: instruments, pédaliers, éléments du lightshow, tout est en place pour un concert fortement supérieur au dernier passage du groupe en Suisse. Vu que le groupe a préparé plus de 70 morceaux pour cette tournée et qu’ils ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne livreraient pas deux dates au contenu identique, on se demande quel menu sera servi à l’assistance… A 22h, le groupe débarque sous les applaudissements et joue les premières notes de Reckoner. Suivra une setlist impeccable (naturellement, on pourra toujours râler parce qu’ils n’ont pas fait telle ou telle chanson) desservie par un son qui prend aux tripes. Le groupe, extrêmement communicatif, n’hésite pas à prendre la parole à plusieurs reprises et à demander aux ingénieurs d’allumer les lumières du public pour l’admirer et le saluer. La quasi-totalité de In Rainbows y passe (du cd 2 se trouvant sur le coffret collector, seule Bangers and Mash sera jouée), sans oublier les indémodables National Anthem (samplant l’analyse du match de la France de la veille), Karma Police, ou encore There There. On retiendra la présence de Talk Show Host ainsi que le silence religieux obtenu sur Exit Music (for a film). De quoi donner la chair de poule.
Deux heures plus tard, les mouvement d’un public conquis vident les arènes. Une nuit de sommeil, et il est l’heure de retrouver la grisaille helvétique.