Dub Inc.

Il faut bien l’avouer, en cette soirée labellisée reggae, l’objectivité des chroniqueurs prend un coup: les amateurs de Bob Marley se cachant ailleurs dans le Festival, la tentation est grande de rentrer dormir à la maison en prévision des soirées à venir. Au détour d’un hasard (que certains auraient volontiers qualifié de malheureux) qui  conduisit droit devant la Grande Scène sur le coup des 19h, le mélomane laissa parler sa curiosité pour ne pas crucifier tout un mouvement musical sur un simple a priori.

Donc, deux ans après leur passage au Chapiteau, les français de Dub Incorporation reviennent au Paléo pour lancer la soirée de ce jeudi sur la Grande Scène et distribuer généreusement leur dub (sorte de reggae aggrémenté par des samples et autres machines) à tout va. Les huit musiciens n’hésitent pas à scander à la vitesse de la lumière leurs textes engagés, avec un tapis de basses à défriser les dreads de toute la plaine. Deux voix s’alternent, l’une rocailleuse comme le désert, l’autre claire et aigüe, tel un muezzin, appelant à considérer les problèmes de l’Afrique avec enthousiasme. Car force est de constater que l’on finit par s’agiter, se trémousser, et peut-être même sauter en rythme avec la foule, les bras levés.

Une chose est certaine, les clichés ont la vie dure. Inévitablement, dans ce genre de concert, on finit par se retrouver devant un long chevelu à la propreté douteuse transpirant le chanvre… mais ceci n’est que le début de la soirée…

Ferdinand : la face Nord
Jour après jour, suivez les aventures de Ferdinand, dans sa première expérience de Paléo, loin de son confort et de sa tranquillité habituelle. Découvrez les coins et recoins du Festival au-travers de l’oeil étonné de ce sympathique néophyte!

Après l’expérience difficile du premier rang, j’avais décidé de m’éloigner un peu de la grande foule, les côtes encore douloureuses des frictions ardentes de la veille. Virant à droite après l’entrée, je pus découvrir quantité de nourritures diverses ! Toutes mes envies semblaient pouvoir être comblées, si ce n’était mon désir de porcelaine et de couverts. De toute manière, l’acclimatation avait été immédiate après la rencontre avec les premiers cabinets de toilettes. Des expériences peu ragoûtantes que je ne développerai pas plus loin. Pour revenir à mes désirs de sustentation, je ne crois pas avoir déjà vu une telle diversité d’offre rassemblée en un espace si confiné. De la nourriture des cinq continents m’envoyait leurs effluves avec fracas, et je mis longtemps à me décider pour un sandwich “falafel” emballé dans une grande quantité d’aluminium (fait étrange vu le souci constant concernant l’écologie et le recyclage développé par le Festival).
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deus

Cinq belges, la quarantaine bien installée, chemises et vestons: la classe qui en jette. Une voix grave, profonde, sur un fond instrumental électro-expérimental. Puis des riffs ravageurs de guitare pour un morceau se construisant petit à petit, s’enchaînant dans des dérives multiples, explosant les structures conventionnelles, montant toujours en intensité.

Mais dEUS, c’est un éclectisme musical qui navigue de l’expérimental underground à la pop aguicheuse, guitare folk et tambourin, pour sauter dans de l’électro-rock jouissif. Navigation parfois difficile, où la puissance développée pendant une dizaine de minutes retombe malheureusement dans les creux de vagues doucereuses. Des instruments multiples, des effets sur les guitares, sur la voix, sur le violon, des samples, chacun change de manière de jouer, et l’on peut voir la basse et le violon gratter des accords avec rage. Des lumières éclatantes, astucieusement disposées sur le promontoire de la batterie, offrent un spectacle haut en couleurs, que la foule, conquise par le refrain de The Architect, savoure les yeux brillants.

Nneka

Bien sûr, il y avait des tas d’autres concerts avant, mais comment mieux débuter le Festival qu’avec Nneka. Au Club Tent, ils étaient jeunes, vieux, chauves, chevelus, babas, bcbg. Tous groovaient pourtant du bassin. Un peu inconsciemment.

En face, sur scène, il y avait Nneka. Magique Nneka. Les programmateurs nous avaient promis la lune, la Nigérienne a propulsé les festivaliers bien au-delà. Sa voix, simplement hallucinante. Celle d’une prêtresse entraînant son public dans une danse oscillant d’une influence à l’autre, dans un voyage au travers d’un magnifique métissage musical. Il est ainsi bien difficile, et c’est tant mieux, de lui coller une étiquette. Pour faire simple, on pourrait parler d’Ayo, ou de Lauryn Hill. Pour faire vrai, on parlera simplement de Nneka. D’un son bien à elle, d’une rythmique, syncopée et implacable. D’un charisme transpirant. D’une découverte. D’une très belle découverte.

Nneka sera à nouveau sous le Club Tent, demain mercredi à 18h45 !

Encore un peu sonnés par l’effervescence toujours plus dantesque liée à l’ouverture de la billetterie (cinq soirées complètes en deux heures, 3000 billets restants pour mardi), nous vous proposons de revivre quelques instants de la conférence de presse de jeudi dernier (merci à Pointprod pour les images et le montage).

Une conférence de presse, c’est pas très rock’n'roll, mais ça permet de mettre en avant certaines découvertes (car la qualité musicale n’implique malheureusement pas un nom en caractères gras sur le programme et vice-versa) et les nouveautés de l’édition 2008.

Suite à quoi, nous vous proposerons un compte rendu de la session Paradiso sur le programme et le concert intégral de The Dø !

Bon, on sait que vous préférez que nous fassions de la pub pour les découvertes (et nous aussi), et ne vous inquiétez pas, c’est prévu ! Surtout que cette année, il y aura largement de quoi faire. Mais comme de toute façon ce clip sur les têtes d’affiche existe, autant le mettre sur ce blog…

Sur ce, je vous souhaite un excellent week-end ! La semaine prochaine, quelques reportages sur la conférence de presse d’hier et la soirée concert avec The Dø (vous aurez droit à l’intégrale du concert, petits veinards) !