Pour terminer cette folle semaine d’interviews en cascade, nous avons eu le plaisir de recevoir le drôlissime Christian - Grô pour les intimes - chanteur-guitariste du groupe culte lausannois. On l’avoue, on le connaît bien, donc on a décidé de faire une entrevue légèrement décalée

Dionysos

On peut les trouver chiants sur album. Ne pas aimer un concert de Dionysos relève par contre du difficile ouvrage. Quatre concerts sur la Grande Scène, une révélation et désormais trois confirmations, la bande à Malzieu déchire. C’est chaque fois pareil, hallucinant. Voilà pour la sueur (partagée un moment, et c’est sympa, avec Olivia Ruiz). Mais, finalement, la surprise n’était pas là!

Car c’est des notes que la satisfaction est venue. Si lors ses deux dernières venues à Paléo, la performance du groupe avait fini par lasser, pas un moment de répit, ici, n’a été accordé. Là où on regrettait un son trop brut et trop répétitif, Dionysos a enfin su donner de la profondeur à ses orchestrations. Guitares plus en avant que jamais, les six n’auront jamais hésité à mettre du hard dans leur miel passé. Les morceaux prennent ainsi de l’ampleur et le public, plein la gueule.

Blood Red Shoes

Pour clore cette première soirée du Festival, direction le Club Tent afin de découvrir le Rock n’Roll minimaliste de Blood Red Shoes. Le duo de Brighton nous avait prévenu, il allait faire chaud, on allait se prendre une claque, et on serait pas près d’aller se coucher. Sur scène, juste une batterie et un ampli. De quoi laisser en effet de la place aux décibels ! La guitariste, magnifique, Telecaster en main, décolle les tympans de la salle sans vergogne, pendant que le batteur maltraite sa grosse caisse avec passion.

Les morceaux s’enchaînent baguettes en l’air, sans discussions ni accordages. Les voix s’alternent et s’unissent, les premiers rangs sont rapidement envahis par des hurlements hystériques de jeunes filles fanatiques de distortion. Si l’on aime la guitare, la batterie et le Rock, on aime Blood Red Shoes. Sinon on reste impressionné par le gros son de cette délicate guitariste et on va boire une bière avant de rentrer se coucher, en rêvant d’yeux bleus et de frange…

Vous êtes certainement déjà tombés sur cette vidéo qui tourne depuis quelques temps sur la toile. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore visualisée, jetez-vous dessus car elle est d’une qualité didactique extraordinaire. En effet, le protagoniste fait preuve d’une éloquence sans précédent pour définir le rock, genre musical déjà quinquagénaire. Sachez par exemple que les groupes qui ne se droguent pas ne font pas du rock et qu’Eddy Mitchell est une tapette.

Question subsidiaire : le gars en question est-il comédien ou fait-il preuve d’une absence de neurone totalement involontaire ? Votre avis dans les commentaires…