Vanessa Paradis et -M-

Joe aime Vanessa Paradis depuis longtemps, et comme tous les mélomanes qui vont voir un artiste qu’ils apprécient, Joe attend l’instant de sa venue avec impatience. Pouvoir mettre un visage humain sur une voix passionnément écoutée est un plaisir que beaucoup partagent. Et lorsque la petite Française aux accents enfantins entonne un air connu, Joe, comme ceux dans le même état d’esprit que lui, a la chair de poule, les bras qui frissonnent, le sourire accroché et les paroles au bout des lèvres.

Mais tout le monde n’est pas Joe, tout le monde n’aura pas bravé l’orage et le froid pour apercevoir Vanessa, la circulation se faisant de plus en plus aisée face à la Grande Scène l’heure avançant; car la principale caractéristique de la chanteuse parisienne est souvent le point le plus agaçant de la prestation: le timbre de sa voix. Ses aigus criards sucrés peuvent irriter le festivalier curieux sans relâche.

Mais si l’on n’aime pas la voix, les textes ou les mélodies, on ne peut que rester halluciné par les musiciens exceptionnels l’entourant et la qualité des arrangements qu’ils offrent. Les morceaux sont groovy à souhait, le kitch de Joe s’est perdu dans les limbes des années 90 sans regrets. Aznavour est repris au Bout de la Terre avec tout le public. Forcément, avec Matthieu Chédid à la guitare (-M- pour les intimes), la marche militaire la plus sombre devient un rock n’roll endiablé. Les solos sont terrifiants de justesse; le héros, chapeau vissé sur la tête, traverse insolemment la Grande Scène pour clouer sur place une assemblée sans voix. Après un final sauvage, où les lumières s’affolent, on se demande finalement qui l’on est venu voir de la chanteuse ou du guitariste…

Une première Grande Scène, c’est une étape dans une carrière d’artiste, d’autant plus s’il est du coin… Pour marquer le coup, le Paléoblog a suivi K dans sa conquête du monstre et récolte les impressions de la troupe avant et après le concert. Accent également sur le jeune et excellent bassiste Antoine Guenot (premier Nyonnais à monter sur la Grande Scène depuis des lustres!).

Encore chapeau les gars !

 PS Le concert sera intégralement disponible d’ici peu sur la page Extraits de concert

Alain Bashung

Hier c’était avec allégresse que je partais au Paléo.  J’avais rendez-vous avec l’homme de ma vie. Celui qui me fait frémir depuis 24 ans avec son univers et sa voix unique. C’est donc toute fébrile que j’arrivais sous le soleil. Un bon cocktail de Sharko pour commencer, rien de tel pour effacer les heures de sommeil en retard, quelques flûtes de champagne pour l’apéro, Mme Peel oblige, pour continuer dans l’élégance et la classe avec The Do.

Quand soudain, les dieux du ciel ont décidé de se mettre aux couleurs du village du monde en nous gratifiant d’un orage tropical, transformant une bonne partie des spectateurs en petits hommes verts. C’est tout naturellement que les uns et les autres cherchaient un abri, sait-on jamais que la pluie fasse fondre le genre humain. Le Chapiteau, comme tout endroit avec une tente, a été pris d’assaut. L’avantage non négligeable, c’est que pour une fois, pas trop de foule au stand nourriture, j’ai pu donc me sustenter en un temps record et comble de bonheur, à l’abri.

L’heure de mon rendez-vous tant attendu approchait, le coeur battant, frémissante, je me glissai sous le chapiteau dégoulinant de monde, chaque centimètre carré étant occupé de l’est à l’ouest, du sud au nord.  Bien entendu il y avait comme moi les amoureux de Bashung et les peureux de la pluie. Qu’importe, je ne suis pas bien grande, je peux donc me faufiler jusque dans une certaine mesure, au milieu de la foule. La lumière s’éteint, la voix sublime d’Alain enveloppe mon âme, sa présence fait oublier le froid, la pluie, quand soudain…. je me retrouve propulsée à droite, à gauche en avant, sans avoir demandé quoi que ce soit à mes pieds.
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The Dø
La règle d’or à ne pas oublier pour un concert de The Dø : Dønt be late ! En effet, je suis arrivé à mi-concert du duo franco-finlandais, alors que le chapiteau débordait déjà de tous les côtés… Difficile, donc, de se concentrer sur la musique alors que moultes valises de bière me passent à un millimètre du nez, que les téléphones portables dirigés vers la sulfureuse chanteuse-guitariste Olivia B. Merilahti me bouchent la vue ou encore que les chenilles humaines égarées cherchent désespérément le premier rang.

Malgré la foule compacte, The Dø captive un public attentif et très en forme, à l’aide de morceaux comme “Aha“, “Tammie” et le tube “On my shoulders“. La voix d’Olivia est impeccable, oscillant entre de solides mélodies et de jolis cris aigus, le bassiste Dan Levy livre toute son énergie.

Le temps passe trop vite, et le groupe quitte la scène sous un tonnerre d’applaudissements… Alors que les côtés du chapiteau se vident, j’arrive tout juste à me faufiler sur la droite en espérant le rappel, je lève la tête et je vois qu’Olivia a enfilé sa guitare acoustique et mon cœur fait un bond… Allez, pourvu qu’elle nous chante “Stay (just a little bit more)“. Et c’est ça! Quel bonheur! A l’instar du titre, le duo nous berce juste un peu plus longtemps avec cette dernière perle. Un beau cadeau d’adieu (ou d’au revoir, espère-t-on) !

KOLO

Après la sympathique interview accordée dans l’après-midi pour ce blog, un petit tour au Détour s’imposait histoire de voir ce que les genevois de Kolo avaient à défendre. En l’occurrence, une pop-rock riche en inventivité que l’on peut découvrir sur leur premier album. En même temps que K sur la Grande Scène, les talents suisses ont le potentiel pour plaire au plus grand nombre, comme en témoigne la jolie petite scène passablement remplie.

Le groupe se retrouve en prophète dans ce pays qui l’a vu grandir. Réalisant un rêve d’enfant en jouant au Paléo, Kolo tire son public dans les méandres d’une musique à deux visages: l’un calme et mélancolique, l’autre rythmé et dansant. Les déhanchés du chanteur amusent la foule venue en amie, son charisme touchant parfaitement sa cible. Malgré quelques couacs techniques et des chansons tirant parfois en longueur, Kolo prouve à tous que la Suisse musicale arrive aussi à enchanter ses habitants.